Dimanche 18 Juin 2006
Dans un songe...
Par barnabe, Dimanche 18 Juin 2006 à 12:14 GMT+2 dans Texte et création
Voilà un texte que j'ai écris pour le cours de français. Les consignes étaient très libre. Il fallait écrire l'histoire d'une image comme dans "la jeune fille à la perle." de Tracy Chevalier. On avait lu le livre pour l'école même si je l'avais déjà lu, et j'avais vu le film. Les deux étant géniaux. Dites-moi ce que vous en pensez.
J’étais perdu dans mes pensées, le tram vibrait et avançait lentement. Je regardais les gens monter et descendre sans réellement les voir. Parfois, je regardais à travers les fenêtres des maisons et surprenais des gens dormant, lisant, riant. J’imaginais parfois leur histoire, sans jamais chercher à savoir ce qu’il advenait d’eux.
Mais un jour, une jeune femme accrocha mon regard, peut-être sa position me rappelant le penseur de Rodin, peut-être sa beauté. Je fus surpris quand le tram démarra. Je n’eus même pas le temps de me lever que déjà, je ne la voyais plus.
Arrivé à mon atelier, j’étais toujours obsédé par cette image, cette femme regardant dans le vide dont je ne connaissais rien. Le seul moyen dont je dispose de briser cet enchantement, c’était la peinture. J’allais la peindre. Malgré mon impatience, je ne commençai pas tout de suite, préférant fixer définitivement mon futur tableau en moi. Enfin, je me mis au travail. Je me contentais d’abord de décrire une atmosphère sombre mais chaleureuse. Je n’osais pas tellement toucher à elle. Je l’imaginais sensible et cultivée, sûrement rêveuse. Un peu comme moi d’ailleurs. On aurait pu vivre des merveilles, partager des passions communes, riant aux larmes, et s’aimant beaucoup. Je ne m’étais contenté que d’un regard, sachant que je n’aurais rien de plus.
Un jour, je peignis son corps, prenant mon temps, pour ne pas tromper mon souvenir. Quand j’eus peint sa main, je dus commencer à penser à son visage, ce visage qui hantait mes pensées.
Cela faisait plusieurs jours déjà que je l’avais vue. Et depuis, je passais presque tout mon temps dans mon atelier. Je mangeais peu, dormais quand il me devenait impossible de continuer à peindre, et ne voyais que rarement l’éclat d’un rayon de soleil. Seul comptait l’achèvement du tableau. Je peignis son visage d’abord assez flou, m’attardant sur les mèches volantes qui l’entouraient. Un jour, sentant que le moment était venu, je peignis ces yeux, ces joues, ces lèvres que j’imaginais douce. Sans m’arrêter, sans aucun répit. Je finis par m’endormir sur mon tabouret.
A mon réveil, elle me regardait.


