Le rapport de Brodeck
J'avais déjà lu de Philippe Claudel, Les âmes grises, que j'avais beaucoup apprécié. Son style, ses suspens, sa manière de mener le temps.
Comme ma mère aime beaucoup cet auteur, elle m'a conseillé ce livre. Et j'ai adoré. Même style, à nouveau, rapport avec la guerre, entourage rural. Mais en même temps, c'était différent, un "vrai" autre livre. Pas comme certains auteurs dont on a l'impression de toujours lire le même roman.
L'histoire se passe après la seconde guerre mondiale, le personnage principal, Brodeck a survécu aux camps. L'intrigue débute alors qu'un drôle d'individu vient de se faire assassiner. Brodeck sait tout et, petit à petit, nous distille ses informations. Sur l'Anderer, le village, mais aussi, ses souvenirs lourds à porter. Sur ce qui s'est passé dans le village, sur ces hommes qui se transforment en bêtes.
Claudel passe aux détours d'un mur, d'un visage, d'une pluie, du présent au passé douloureux de Brodeck. Il joue avec le cours du temps sans jamais perdre lecteur. Ce mélange entre passé et présent, c'est ce que j'aime le plus dans l'écriture de cet auteur. Aussi, il y a ce suspens, ces zones d'ombres, ces mystères qui planent sur le village. Car la guerre a fait surgir des comportements bestiaux chez les villageois, comportements qui laisseront des traces bien longtemps après que les Fratergekeime ne soient partis.
Si le contexte de la seconde guerre mondiale est évident, le pays dans lequel se passe l'histoire reste pour moi un mystère. Je crois d'ailleurs que c'est voulu, qu'en ne situant pas précisément le roman, Claudel montre qu'il aurait pu se passer n'importe où. Jamais les allemands ne sont cités et même le dialecte et la langue employés par les habitants ne m'ont pas aidée. Cela se passe dans les montagnes, près de la frontière de ce pays envahisseur...
Une seule chose à dire, lisez-le!
Par barnabe, Vendredi 2 Mai 2008 à 12:40 GMT+2 dans J'ai lu... (article, RSS)






