Mardi 22 Juin 2010
No impact man
Par barnabe, Mardi 22 Juin 2010 à 10:52 GMT+2 dans J'ai lu...
J'en avais entendu parler dans mon journal, sur deux blogs, ce livre "No impact man" était partout. Alors, j'ai voulu le lire en grande écolo que je suis.
Et contrairement à toute la blogosphère, j'ai pas trouvé ça génial. Franchement 1/4 du livre est constitué d'infos scientifiques très générales genre "la banquise fond de x km² chaque année", "nous déforestons x km² de forêts chaque année". Franchement, on sait qu'on pollue et qu'on doit faire un maximum d'efforts. Ca va changer ma manière de vivre de savoir exactement combien d'arbres tombent à la minute? Je ne crois pas.
Un autre 1/4 du livre est consacré à des réflexions pseudo-philosophiques. Je dois dire que c'est le pire dans ce livre. Il se répète non stop. Et les indiens je-sais-plus-quoi et mon grand-père qui disait et qui vivait comme ceci (ça, ça revient genre 10 fois dans le livre, comme si on n'avait pas compris que son grand-père vivait différemment).
Une partie du livre est consacrée aux réactions sur son blog et dans les médias. Waouw, j'ai des lecteurs. Waouw, j'ai des lecteurs, etc...
Enfin, il parle un peu de son expérience. Beaucoup trop peu à mon goût. J'avais envie de lire un livre sur une expérience écolo poussée à fond, lire des anecdotes, des abandons, des doutes, les réactions des amis, ... On retrouve bien sûr cela dans ce livre mais si peu. Je pensais pourtant que ce serait le coeur du livre.
Un exemple pour vous expliquer le manque à ce point de vue. Il parle au début du livre de ce que plus tard il adoptera un système de compost intérieur avec des vers pour réduire les déchets organiques. A ce moment, il écrit qu'il reviendra là-dessus plus tard. Ben, vous pouvez toujours attendre. J'ai fini le livre et pas trace de lombrics. Pourtant, tous ceux qui veulent à leur tour faire des efforts seraient peut-être intéressés de découvrir comment ça marche, qu'en ont pensé sa femme/sa fille/ses amis/lui, est-ce que ça pue?, ...
Une autre chose qui apparemment lui a beaucoup taraudé l'esprit. Les journalistes lui posaient tout le temps la question de savoir comment faisait-il pour se passer de papier toilette. Il n'y a jamais répondu. "parce qu'il ne veut pas parler de son intimité". Je trouve ça assez fort. Il peut quand même comprendre que quand on utilise du papier toilette environ 5 fois par jour on puisse se demander comment s'en passer. Bref, pour lui, c'est une question déplacée. Et comme il n'y a pas répondu aux journalistes, il n'en parlera tout autant pas dans son livre.
Dernier reproche, je n'ai vraiment pas aimé son style. Difficile de dire pourquoi, mais déjà, il n'arrête pas de se répéter et j'avais tout le temps l'impression "d'avancer à reculons". Au début, je me disais: "bah, il écrit pas bien, mais c'est pas parce que t'es écolo que t'es écrivain". Sauf que lui avant d'être écolo, il est écrivain. Et il te le répète bien pendant les 50 premières pages du livre.
Une grosse déception, même si les quelques anecdotes et impressions sur son expérience m'ont, elles, bien plu.
Mon grand-père était agriculteur. Mon père a toujours su une chose sur son avenir, jamais il ne reprendrait la ferme. Travail trop pénible, jamais de vacances, des dettes, pas de loisirs, ... Il n'a pas été très loin dans ses études, jamais eu le bac. Mais, il a lu tous les zola et a toute la collection. 

