Paranoïd Park de Gus Van Sant a reçu le prix du 60ème anniversaire du Festival de Cannes. Ce film parle de la culpabilité d'un adolescent qui a tué sans le vouloir un cheminot.
On voit la peur d'être emprisonné, la culpabilité, le besoin de parler, l'horreur que le jeune ne sait plus gérer. Mais en même temps, qui même parmi les adultes saurait gérer cela?
Lorsqu'il y a un meurtre, la famille demande réparation. Que le meurtrier soit emprisonné, qu'ils aient des dédommagements, que la faute ne puisse plus être commise quand cela est possible, ... Par toutes ces demandes, elle essaie de faire son deuil.
Mais quand l'assassin a fait un homicide involontaire. Il roulait trop vite, sous l'emprise de l'alcool, n'avait pas voulu frapper si fort, ne savait pas qu'il avait un problème cardiaque, une allergie, ... Bref, il a fait une erreur qui a coûté la vie à un homme. Même s'il y a toujours une part de responsabilité, ce n'est pas sa faute. En tout cas, il ne l'a pas voulu. Pourtant, il doit purger des peines de prison, souvent minimes, mais quand même. Et puis mis à part la prison, ce n'est pas le pire. Le pire c'est la culpabilité qui va le suivre toute sa vie durant. Comment vivre en sachant qu'on a tué quelqu'un?
Pour un gangster qui ne respecte rien même la vie, c'est simple, naturel, peut-être dans son éducation. Mais pour quelqu'un qui si l'on veut n'était pas destiné à ça. Quelqu'un qui se comportait toujours bien, qui avait une vie stable. Tout d'un coup, il sait que quelqu'un est six pieds sous terre par sa faute. Personnelement, j'aurais beaucoup de mal à vivre avec ça.
Pour les parents, les proches de la victime, vous êtes fautifs. C'est vrai, vous rouliez à 140 au lieu de 130. Mais qui n'a jamais fait d'excès de vitesse? On en commet régulièrement, et ce n'est pas pour ça qu'ils ont à chaque fois des conséquences désastreuses. Le jour où vous appuyez un peu trop sur le champignon, et que cette fois-là, cela entraine la mort d'une tierce personne, vous allez regretter votre faute toute votre vie. Pourtant, les automobilistes trop rapides continuent à rouler trop vite tout en sachant le danger. Et si les radars les font un peu râler, ils ne pensent pas à "la faut à pas de chance".
On fait tous des erreurs dans la vie. Les excès de vitesse en sont l'exemple le plus banal. Mais pensez aux fois où vous grillez un feu rouge, où vous oubliez d'éteindre le four, où vous laisser trainer un objet qui devrait être rangé, où vous vous battez sans que cela dégénère. Souvent, la vie continue, tout se calme. Les risques ne sont que des probabilités et vous êtes arrivé à temps pour écarter le danger.
J'ai souvent pitié des accusés qui ont commis un homicide involontaire. Surtout ceux qui avaient trop bu ou qui étaient en excès de vitesse parce que ce sont les plus fautifs. Ceux qui ont le plus de responsabilité dans l'acte qu'ils ont commis. Ceux-là auront de plus lourdes peines de prison et plus dur à se déculpabiliser? Parce que même s'ils ont commis une faute cela ne veut pas dire qu'ils ne méritent plus de vivre. J'entends par là, croquer dans la vie à pleines dents.
Quant au film, j'ai beaucoup aimé. Parce que l'on sent très bien les sentiments de l'ado, et moi, je me suis imaginée à sa place. De plus avec les flash back, les jeux de caméra, la voix off, c'est un film très réussi. Avis aux cinéphiles. (n'allez pas vous imaginer que c'est un film d'action) Donc, aux cinéphiles.