Barnabé et tout mon bric à brac

Texte N°5

Voici mon 5ème texte de l'atelier d'écriture. Allez voir sur le blog les textes des autres participantes et qui sait, participez vous aussi. Bonne lecture!

Le grand oncle de Sébastien était gardien de phare Sébastien le voyait rarement parce que si son grand oncle s'absentait, les bateaux iraient s'échouer contre les récifs. Il avait une grande barbe grise, un manteau de marin jaune et de grandes bottes. Dans le village tout le monde l'appelait Poséidon.

Un jour, Sébastien prit la navette qui allait apporter des provisions au phare pour passer une semaine en compagnie de Poséidon. Un fois installé dans une des nombreuses chambres du phare, il monta rejoindre Poséidon dans la cuisine qui servait de pièce à vivre. Après, une journée, il avait compris l'essentiel du métier de gardien de phare et à force de fixer le large, il commença à s'ennuyer. Le soir venu, ils mangèrent en silence. Le vieux loup de mer n'avait pas l'habitude d'avoir de la compagnie et le petit garçon était trop timide pour engager la conversation. Celui-ci aida à débarrasser et fit la vaisselle. Si chez lui, il ne supportait pas de le faire, ici, c'était sa première distraction du jour, et cela l'occupa un peu. Après, il regarda l'heure, mais décidément il était trop tôt pour aller dormir.

Il s'installa dans un fauteuil et se morfondit. Poséidon arriva et s'installa dans le fauteuil voisin. Il prit un très vieux livre sur l'étagère et commença à lire à haute voix. Sébastien sursauta. Cette voix était le premier son qu'il entendait depuis longtemps. Jamais personne ne lui avait dit que Poséidon avait des talents de conteur ni autant de livres dans sa bibliothèque. Il n'y avait pas fait attention depuis ce matin, mais elle était énorme. Petit à petit, le conte le captiva totalement et il eut l'impression de basculer dans un monde parallèle. L'histoire se passait dans un phare autour duquel la mer était déchaînée. Et même si dehors la mer était aussi plane qu'un miroir, il entendait le bruit des vagues se déchirant contre les rochers. Quand le diable frappa à la porte d'en bas, il entendit si distinctement la sonnette qu'il plaqua deux coussins contre ses oreilles et se mit à gémir. Il ne voulait pas être torturé par le diable, il le jurait ce n'était pas lui qui faisait clignoter la lumière.

Le silence se fit. L'histoire était finie et Poséidon le regardait d'un regard mi-amusé, mi-protecteur. Il lui demanda s'il avait bien aimé son histoire. Sébastien répondit que oui et précisa dans un murmure qu'il avait eu un peu peur. Poséidon lui fit alors visiter le phare pour lui montrer qu'il n'avait rien à craindre. Arrivé à sa chambre, Sébastien tomba endormit sur son lit et Poséidon le borda.

 

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Texte 4.

Voilà ma troisième participation à l'atelier s'exprimer (dans mes liens). Pour respecter l'ordre des sujets, je garderai sa numérotation.

Le jour où j'ai enfin décidé de faire le premier pas, de le secouer, j'avais mis une petite robe à fleurs légère. C'était l'été et comme j'étudiais sur ma terrasse, j'avais un léger hâle sur mes épaules. Quelques étudiants masculins se retournèrent sur mon passage, j'avais les cheveux dénoués flottant sur celles-ci. J'arrivai à la première rangée et m'assis à côté de lui. J'avais mis un parfum très fruité et moi qui ne me maquillais jamais, j'avais le regard irisé de ce fard acheté la veille au supermarché. Il ne me remarqua pas. Il était complètement absorbé par un livre dont je n'ai pas retenu le nom. Je le regardai avec un regard qui se voulait insistant. Après quelques minutes d'échec et voyant que le cours allait commencer, je lui soufflai à l'oreille : « Ca a l'air passionnant, je t'observe depuis tout à l'heure et rien n'a pu te déconcentrer. Quel en est le titre ?» Il me regarda d'un air ahuri et me répondit dans un souffle. Je m'apprêtais à continuer la conversation quand il fit avec sa main le geste de se taire. Je l'ennuyais. Déçue, mais pas vaincue, j'attendis la fin du cours pour faire une nouvelle tentative.


Je restais assise, faisant semblant de copier les dernières paroles du professeur, s'il voulait se lever, il faudrait bien que ce soit lui qui m'adresse la parole. Je sentais sa gêne et lui debout, moi assise, il devait avoir une vue plongeante sur mon décolleté. Il se racla la gorge puis me demanda mon nom. Je levai les yeux et lui répondit « Clémentine. » Je ne bougeais pas. J'avais pris mon sac à main et commençais à me remaquiller. « Clémentine, s'il te plait, j'aimerais passer. » Me souffla-t-il d'une voix timide comme s'il faisait quelque chose de mal. Je levai les yeux vers lui et lui demandai à mon tour son prénom. Il avait les yeux affolés mais me répondit quand même « Julien mais s'il te plait, j'aimerais passer. » Je fis semblant de rien et en le regardant fixement dans les yeux, je lui proposai d'aller manger ensemble. Là, d'énervement peut-être, ou par manque d'imagination, il fit une erreur qui allait nous mener bien loin. Il me répondit oui.


Je lui pris la main et commençai à marcher. Pendant ce temps, je lui décrivais le snack dans lequel je l'emmenais. Il était loin, sûr, mais tellement agréable et confortable. Et puis, si cela prenait trop de temps, nous pourrions sécher les premières heures de l'après-midi. Je ne sais même pas s'il connaissait la signification de ce mot. Arrivés, je fonçai vers une petite table au fond, plus sombre et à l'abri des regards. Il avait l'air perdu, je crois qu'il se sentait attiré dans un guet-apens dont il ne savait pas sortir. Je commandai un plat pour deux et commençai un conversation badine. De temps en temps, il ponctuait mes phrases de oui et de non. Quand le serveur vint demander si nous voulions un dessert, il me prit de vitesse. « Non, mais l'addition pour moi et tout de suite. » Son empressement lui fit perdre ses bonnes manières. Je fis comme si je n'avais rien entendu « Moi, je prendrai une coupe d'amour avec de la chantilly et toi mon lapin ? » Il rougit et n'osa plus prendre d'initiative, il était à ma merci et répondit : « la même chose que madame, s'il vous plait. » Je fis traîner ce repas jusqu'à ce qu'on nous mit dehors.


Dans la rue, je l'emmenai dans un parc. Il serait trop bête de retourner s'enfermer alors qu'il faisait splendide. Là, ce fut lui qui me surprit. Il passa un bras autour de mes épaules et nous eûmes une conversation très agréable. Quelques semaines plus tard, même si notre amour se limitait à quelques bisous dans le cou, il me proposa un voyage. « Tu verras. Des îles magnifiques, une plage de sable fin, un soleil sans égal et des cases, comme si nous étions des sauvages. Ce sera un voyage magnifique. La semaine prochaine, je viens te chercher, tu seras prête et nous nous envolerons vers le paradis. » J'étais charmée même si je m'inquiétais de rater une semaine de cours. Mais cela ne l'inquiétait pas.
Comme prévu, il vint me chercher dans une petite voiture. Je ne l'avais jamais vu conduire et ne savais pas qu'il avait son permis de conduire. Au début, j'étais un peu inquiète, mais il conduisait très prudemment. L'aéroport, l'avion, l'accueil tout cela passa très vite, mais arrivé dans la case, les choses se compliquèrent. Je ne m'étais pas rendue compte qu'il tentait de jouer un rôle. Jouer le rôle que son physique lui prêtait et qu'il avait lu dans les livres. On s'installa, on alla à la plage, on dîna. C'était très romantique mais au fur et à mesure des heures qui passaient, notre malaise grandissait. Nous nous sommes couchés côte à côte et rapidement endormis. Le matin, tôt, je me réveillai et constatant mon échec, je lui laissai un mot et disparut avant qu'il ne se réveille. Si je me débrouillais bien, je pourrais même suivre les cours de cet après-midi. Ma sottise m'en avait déjà fait perdre suffisamment.

Il suivit ses empreintes dans le sable pendant un moment, mais elles disparurent lorsqu'il arriva près des bosquets qui bordaient la plage : ainsi, il la perdit.

 

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Texte N°2

Voici mon deuxième texte, comme toujours allez lire ceux des autres sur le blog de Malicieuselyly. (dans mes liens) (et désolé pour le manque de billet, j'ai eu du travail, beaucoup de travail ces derniers temps)La première fois que je l'ai vu, j'ai vraiment cru qu'il allait se prendre ce poteau. J'attendais le choc, mais rien ne s'est produit. Il l'a miraculeusement évité et a continué sa route sans se rendre compte de ce qui avait failli lui arriver. Depuis lors, cela n'a pas changé. Il est toujours dans ses pensées. Il ne se rend pas compte du monde extérieur. Il te dit bonjour, semble t'écouter mais, et je sais de quoi je parle, est toujours dans un lieu où tu n'auras jamais accès.

J'ai longtemps cru qu'avec moi, ce serait différent. Mais sa rêverie est une rêverie solitaire. Il ne rêve pas d'amour, pas de romantisme, pas de conte de fée. Il pense, il invente des histoires, il s'interroge sur le sens de la vie et sur bien des questions philosophiques.

Il ne se rend même pas compte que s'il voulait, avec le physique qu'il a, il aurait toutes les femmes de la terre. Quand il entre dans l'auditorium, toutes les filles tournent la tête et le fixent espérant un regard, mais c'est peine perdue.

Il s'assied toujours au premier rang. C'est un passionné. Il est là pour en apprendre toujours davantage, et sa soif de nouveautés est inextinguible. Les jeunes gens qui l'entourent, il ne les connaît pas. Il n'a pas d'amis, et n'en veut pas. Personne ne lui a connu de petite amie, personne même moi. On ne sait pas ce qu'il veut faire plus tard, il semble né pour suivre des cours. C'est le métier qu'il lui faut, sauf que ce n'est pas un métier.

 

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Sujet N°1

 Il y a quelques temps, j'ai répondu à l'appel de malicieuselyly. Elle a ouvert un blog d'atelier d'écriture et j'ai décidé d'y participer. Spontanément, je n'écris pas de textes pourtant j'adore ça. Alors, j'ai saisi l'occasion. Vous pouvez donner cotre avis ici ou sur son blog et si l'envie vous prend, participez vous-même.

Voici mon texte. Nous devions introduire certains mots qui sont surlignés en gras. Bonne lecture.

Tous les soirs, c'est le même cirque. Thomas ne veut pas aller se coucher. Mais sa maman insiste. Les yeux qui rapetissent, les épaules qui se tassent et les grands bâillements ne la trompent plus depuis longtemps. Alors, c'est au lit après le brossage des dents et il n'y aura pas de prolongations. Jamais ? Jamais !

Pourtant aujourd'hui, sa maman ne fait pas attention. Elle ne dit rien et redescend. Thomas hésite un instant, mais a vite fait de saisir l'occasion. Ces minutes accordées sont des faveurs pour lui. Il sait comme elles sont rares et à quels prix, on les lui accorde. Il écoute à la porte avant d'entrer dans le salon. Il est soudain tout intimidé. Lui qui rêve de faire comme les grands. Puis, il se décide et entrebâille la porte. La clarté l'éblouit et dessine un rai de lumière sur le mur opposé.

Il entre sur la pointe des pieds et referme la porte avec précaution. Il a l'impression de faire une bêtise bien qu'il soit certain que sa maman ait changé d'avis. Elle est assise dans le canapé face à la télé éteinte. Thomas entend un bruit bizarre. Hypnotisé, il marche et s'arrête devant elle. Elle pleure. Ses joues sont toutes rouges et mouillées. C'est la première fois qu'il la voit pleurer. Il ne sait pas quoi faire. Maintenant, il regrette d'être redescendu. Sa maman ne s'est même pas aperçue de sa présence. Lentement, il s'en retourne dans sa chambre.

Il se couche. Mais maman n'est pas là pour le border. Ses draps lui semblent plus froids que d'habitude. Et dans sa tête, il revoit inlassablement la même image. Sa maman qui pleure. Il n'arrive pas à fermer les yeux et à s'endormir. Même son doudou qu'il a reçu à sa naissance ne le réconforte pas. D'habitude, c'est la clé de son sommeil. Mais cette fois-ci, cela ne fonctionne pas.

Finalement, il se réveille au petit matin. Il a bien du finir par s'endormir de fatigue. D'abord, il joue dans son lit et remarque que son doudou a passé la nuit par terre. Il le ramasse puis sans prévenir, les images de la veille lui reviennent. Il sort de son lit, et va dans la cuisine où il entend du bruit. Sa maman est là, de dos. Il a peur de ce qu'il va voir, mais elle se retourne et sourit.

A-t-il réellement vu sa maman pleurer ?

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Dans un songe...

Voilà un texte que j'ai écris pour le cours de français. Les consignes étaient très libre. Il fallait écrire l'histoire d'une image comme dans "la jeune fille à la perle." de Tracy Chevalier. On avait lu le livre pour l'école même si je l'avais déjà lu, et j'avais vu le film. Les deux étant géniaux. Dites-moi ce que vous en pensez.

J’étais perdu dans mes pensées, le tram vibrait et avançait lentement. Je regardais les gens monter et descendre sans réellement les voir. Parfois, je regardais à travers les fenêtres des maisons et surprenais des gens dormant, lisant, riant. J’imaginais parfois leur histoire, sans jamais chercher à savoir ce qu’il advenait d’eux.

Mais un jour, une jeune femme accrocha mon regard, peut-être sa position me rappelant le penseur de Rodin, peut-être sa beauté. Je fus surpris quand le tram démarra. Je n’eus même pas le temps de me lever que déjà, je ne la voyais plus.

Arrivé à mon atelier, j’étais toujours obsédé par cette image, cette femme regardant dans le vide dont je ne connaissais rien. Le seul moyen dont je dispose de briser cet enchantement, c’était la peinture. J’allais la peindre. Malgré mon impatience, je ne commençai pas tout de suite, préférant fixer définitivement mon futur tableau en moi. Enfin, je me mis au travail. Je me contentais d’abord de décrire une atmosphère sombre mais chaleureuse. Je n’osais pas tellement toucher à elle. Je l’imaginais sensible et cultivée, sûrement rêveuse. Un peu comme moi d’ailleurs. On aurait pu vivre des merveilles, partager des passions communes, riant aux larmes, et s’aimant beaucoup. Je ne m’étais contenté que d’un regard, sachant que je n’aurais rien de plus.

Un jour, je peignis son corps, prenant mon temps, pour ne pas tromper mon souvenir. Quand j’eus peint sa main, je dus commencer à penser à son visage, ce visage qui hantait mes pensées.

Cela faisait plusieurs jours déjà que je l’avais vue. Et depuis, je passais presque tout mon temps dans mon atelier. Je mangeais peu, dormais quand il me devenait impossible de continuer à peindre, et ne voyais que rarement l’éclat d’un rayon de soleil. Seul comptait l’achèvement du tableau. Je peignis son visage d’abord assez flou, m’attardant sur les mèches volantes qui l’entouraient. Un jour, sentant que le moment était venu, je peignis ces yeux, ces joues, ces lèvres que j’imaginais douce. Sans m’arrêter, sans aucun répit. Je finis par m’endormir sur mon tabouret.

A mon réveil, elle me regardait.

 

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